Les Canadas vus par les Canadiens 1750-1860Division des archives de l'Université de MontréalModéliser le changement - Les voies du français
Enseigner l'histoire avec la collection Baby



ACTIVITÉ 1



Gravure de la Bataille de St-Denis (23 novembre 1837). Sans date.
Titre: Crise agricole ou encore flambée d’idées libérales?

Objectif: Identifier différentes causes des Insurrections de 1837-1838.

Compétence(s) visée(s):
  1. Interpréter les réalités sociales à l’aide de la méthode historique.

Matériel:
  • Document P0058P200404 et sa traduction;
  • Dictionnaire français/anglais;
  • Manuel;
  • Papier, crayons et tableau.

Documents textuels liés à cette activité:

  • Voir le texte introductif portant sur les Insurrections. Peut servir de complément au manuel.
  • Les manuscrits suivants traitent aussi des Insurrections : P0058U02198, P0058U03129, P0058U06075, P0058U09220, P005812509, P0058L00070, P0058P200314.


  • Déroulement:

    Sommaire de l’activité : Cette activité veut permettre aux étudiants d’explorer les notions de vérité historique et d’interprétation historique. Les explications des Rébellions de 1837-1838 sont nombreuses. Différents débats existent entre les historiens à ce sujet. L’enseignant pourrait introduire cette activité par la lecture de textes introductifs, comme celui du manuel ou celui suggéré ici. Ensuite, les étudiants découvriront une manière d’analyser les causes de ces événements à l’aide d’un document ancien. Finalement, une discussion de groupe permettra aux étudiants de réfléchir sur le regard que nous posons sur le passé.

    1. En équipe, demander aux étudiants d’identifier les parties du document P0058P200404. Qui est accusé? Quelles sont les charges retenues contre ces personnes?
    2. Quelle est la profession exercée par les accusés? Combien sont fermiers? Quelles sont les autres professions mentionnées?
    3. D’après vous, qui dirigeait le groupe? Pourquoi ce choix?
    4. Pouvez-vous associer aux Rébellions de 1837-1838 à d’autres mouvements importants de revendication, ailleurs dans le monde? Les Canadiens étaient-ils au courant de ces événements? Si oui, comment pouvaient-il s’en informer? La recherche d’articles de périodiques de l’époque pourrait confirmer les conclusions des étudiants. Bibliothèque et Archives nationales du Québec s’occupe de numériser certaines parutions : voir le site www.banq.qc.ca. [Les étudiants pourraient également compléter leurs idées en faisant quelques recherches sur les mouvements d’émancipation en Amérique du Sud et aux Antilles.]
    5. Certains facteurs plus locaux ont également influencé les soulèvements, notamment l’épidémie de choléra de 1834 et l’importante immigration britannique du début du XIXe siècle. Demander aux étudiants comment de tels facteurs peuvent influencer les soulèvements populaires. La somme des éléments rassemblés dans les étapes 1 à 5 devrait les avoir amenés à considérer les causes des Rébellions comme étant multiples et à incidence variable.
    6. En discutant avec les étudiants, soulever le climat international : révolutions américaine et française. Les idées libérales voyagent donc à cette époque. Il est important de souligner aux étudiants l’existence de journaux partout au Bas-Canada, de même que la prédominance de leaders instruits du mouvement. Néanmoins, il n’est pas faux de prétendre que les dernières récoltes précédant les Insurrections ait été déficientes, voire complètement ruinées. Et des différentes causes ayant pu mener aux soulèvements. Le professeur est invité à clore la discussion sur une réflexion plus philosophique, à savoir que l’histoire n’est pas fixée. La compréhension que nous tirons des phénomènes passés se complexifie et souvent, plusieurs visions de l’histoire se confrontent. Qu’est-ce qui fait varier les interprétations historiques? Les sources, les biais des chercheurs, les angles de questionnement, etc. Il n’existe pas d’histoire complète et universelle, seulement une multitude de points de vue. On a longtemps fait l’histoire des grands hommes politiques, militaires, etc. Puis on a voulu affiner l’analyse que l’on faisait du passé, en s’interrogeant sur certains groupes (histoire des femmes, des ouvriers, des esclaves, des cultivateurs, etc.) ou de certaines localités.